210 Int Jour Dans la voiture du capitaine Nabbes
Le capitaine Nabbes
Il faut y aller…
Il ouvre la porte avant.
Julie Lemoine
Que faites-vous ?
Le capitaine Nabbes
On n’y va. Allez !
Julie Lemoine
Et notre flag ?
Le capitaine Nabbes
C’est maintenant ou jamais.
211 Ext Jour Dans le jardin public Avenue Pompidou
Saphir
Non, je ne voulais pas vous froisser.
Le lieutenant Martin
C’est que je crois que nous n’avons rien de commun. Bonne journée, mademoiselle.
Elle attrape son bras, tente de le retenir.
Saphir
Vous croyez vraiment… (Elle joue de ses charmes)
Le lieutenant Martin est un court instant déstabilisé.
Le lieutenant Martin
C’est que je ne sais pas si…
Saphir
Voyons, mon ami, ce serait dommage.
Elle lui serre le bras.
Le lieutenant Martin
Vous me faites mal !
Saphir
Pardon ! (Elle lui serre de plus en plus)
Le lieutenant Martin commence à pousser Saphir. Il la bloque contre le banc, mais elle se défend.
Et elle sort un couteau de sa poche intérieure.
Mais le lieutenant Martin va plus vite. Il donne un coup de poing contre sa main, le couteau tombe à terre.
Le capitaine Nabbes accourt, comme Lionel.
Ils pointent leurs armes de service contre Saphir.
Le capitaine Nabbes
Vous êtes en état d’arrestation.
Le lieutenant Martin
Dommage, j’aurais bien aimé que notre conversation aboutisse.
Saphir
Sale phallocrate.
Le lieutenant Martin
Non ! Dites que vous n’aimez pas les hommes !
Saphir
Non !
Le capitaine Nabbes
Marine Roger, vous êtes en état d’arrestation.
Saphir
Je savais bien que c’était un piège. (Elle sourit) Mais comme j’aime le risque….
Le lieutenant Martin fouille dans la poche intérieure où se trouvait le couteau.
Il trouve un nœud papillon et des gants noirs, qu’il montre à la face de Saphir.
Le lieutenant Martin
Ils ne serviront pas cette fois !
Saphir fait une grimace.
A ce moment, Julie Lemoine se montre.
Saphir
Vous m’avez eue !
Julie Lemoine
Vous êtes la première "Serial Killer" au féminin dans l’histoire criminelle de ce pays.
Saphir sourit.
212 Int Jour Dans le bureau du capitaine Nabbes
Marine Roger sourit.
Elle fait face au capitaine Nabbes. Elle est assise, les bras derrière le dossier de la chaise, les jambes pliées en deux.
Marine Roger
Vous jouissez de me voir ici.
Le capitaine Nabbes
Ce n’est pas de la jouissance, je ne jouis que quand je fais l’amour.
Marine Roger
(Fixant les yeux de Julie Lemoine)
Et vous, vous avez un orgasme ?
Julie Lemoine
Je répondrais que je n’ai un orgasme uniquement quand on me fait l’amour.
Marine Roger
Qu’attendez-vous de moi ?
Le capitaine Nabbes
Expliquez-moi pourquoi vous avez tué à coup de couteaux tous ses hommes ?
Marine Roger
C’est parce qu’ils étaient des hommes. Rien que des hommes.
Julie Lemoine
Pourquoi vous attaquez-vous aux hommes ?
Marine Roger
Parce que depuis je suis une femme, les hommes m’ont fait du mal.
Le capitaine Nabbes
Vous parlez de votre père.
Marine Roger
Mon père, et tous les autres hommes. Ils n’ont pas le droit de vivre… Les hommes ont cru que j’étais leur chose. Mais je ne suis pas leur chose.
Julie Lemoine
Vous êtes un être humain comme tout le monde.
Marine Roger
Sûrement pas ! Tous ces hommes qui m’ont fait l’amour étaient des sauvages, j’ai été violé. Quand on vous viole, on se défend. Je me suis défendue.
Le capitaine Nabbes
(Haussant la voix)
A coups de couteaux !
Marine Roger
Oui, à coups de couteaux. Et j’ai bien fait, aucun regret.
Julie Lemoine
Ce n’était pas par esprit de vengeance que vous avez voulu agir ?
Marine Roger
Sans doute, j’en sais rien. (Elle serre les poings) Qu’est-ce que cela peut vous faire ? Maintenant, vous m’avez arrêté.
Le capitaine Nabbes
Nous voudrions savoir.
Marine Roger
Je ne parlerais qu’en présence de mon avocat.
Le capitaine Nabbes
Bien, bien, c’est votre choix.
Julie Lemoine
Une question m’intrigue. Pourquoi donner rendez-vous par le net ?
Marine Roger
Je voulais que les hommes qui me fassent l’amour soient célibataires.
Le capitaine Nabbes
Ce n’est pas forcement le cas.
Marine Roger
Par le net, je faisais un choix.
Julie Lemoine
Comme au marché !
Marine Roger
Oui, comme au marché.
Le capitaine Nabbes
Vous me dégoûtez.
Marine Roger
Je n’attends aucune indulgence de votre part.
Julie Lemoine
On vous laisse.
Marine Roger
Au fait, je vous ai fait peur…
Julie Lemoine
Comment cela ?
Marine Roger éclate de rire, ce qui irrite Julie Lemoine.
Julie Lemoine
Vous ne faites pas peur….
Marine Roger
J’aurais aimé vous faire peur. (Elle rit) Mais je n’ai pas pu….
Elle s’agite, et montre le portable sur la table.
Le capitaine Nabbes prend le portable.
Le capitaine Nabbes
Qu’est-ce qu’il y a ?
Marine Roger rit. Le capitaine Nabbes appuie sur une touche….
Quelques instants plus tard, le portable de Julie Lemoine sonne. Elle le prend en main.
Julie Lemoine
Allô !
Le capitaine Nabbes s’aperçoit qu’il vient de tomber sur le portable de Julie Lemoine.
Le capitaine Nabbes
Non, c’était vous.
Julie Lemoine
Quoi ?
Le capitaine Nabbes
Les appels sur votre portable, Julie, c’était elle…
Julie Lemoine
Comment avez-vous eu mon numéro ? Comment ?
Marine Roger rit, rit jaune.
Julie Lemoine
Pauvre fille ! Vous me dégoûtez !
Le capitaine Nabbes
Il faudra nous expliquer.
Julie Lemoine sort du bureau d’interrogatoire, suivi peu après du capitaine Nabbes.
213 Int Jour Dans le couloir du commissariat de police
Le capitaine Nabbes
Comment a-t-elle eu votre numéro ?
Julie Lemoine
J’en sais rien….
A ce moment, le lieutenant Martin s’avance.
Le lieutenant Martin
Capitaine, on a fouillé chez Marine Roger. On trouvé une arme, elle a été envoyée au labo, mais je pense qu’elle a servi à tuer son père, les balles sont des neuf millimètres, une boite de cartouche canadienne a été retrouvé. Ce n’est pas tout. (Regard impatient du capitaine Nabbes et de Julie Lemoine) On a retrouvé une moto dans le garage, mais aussi, dans sa cave, caché derrière un faux mur, une C.B, et des extraits d’un dossier judiciaire de la Cour de justice de Toronto, sur un certain Turenne.
Le capitaine Nabbes
Et alors ?
Le lieutenant Martin
Branché sur nos services, ça été un jeu d’enfant pour suivre l’enquête….
Julie Lemoine
Perverses et intelligente….
Le capitaine Nabbes
Mais je ne comprends pas comment elle a eu votre numéro…
Julie Lemoine
C’est très simple, capitaine….
Le lieutenant Martin
(Continuant)
Elle avait aussi un système informatique très complet, branché sur tous les réseaux de téléphonie mobile….
Le capitaine Nabbes
Si on m’avait dit qu’une femme serait capable d’aller aussi loin, je ne l’aurais jamais crû…
Julie Lemoine
Il faut croire que oui… Tout est possible dans ce bas monde.
Le lieutenant Martin
Dernière chose, il y avait une boite de gant, nom de la marque Mozart, dans son armoire de sa propre chambre. Bien, si vous le permettez…
Il salue Julie Lemoine, puis il s’avance vers la salle d’interrogatoire.
Le capitaine Nabbes
C’est la pire femme que j’ai connue…. Je suis un homme en colère. (Il serre les poings)
Julie Lemoine
Alors, calmez-vous, je vous en prie.
A ce moment, le Juge Paul Lamy s’avance vers eux.
Le Juge Paul Lamy
Où est-elle ?
Le capitaine Nabbes
Dans la pièce, on l’interroge.
Paul Lamy
Elle a tout avoué ?
Julie Lemoine
Elle demande son avocat.
Le Juge Paul Lamy
Bien. Que l’on l’amène dans mon bureau, et que l’on en finisse !
Julie Lemoine
Je vais vous laisser. Vous n’avez plus besoin de moi.
Le capitaine Nabbes
Non, restez.
Julie Lemoine
Non, je dois rentrer à Paris.
Le Juge Paul Lamy
Tu nous quittes déjà, Julie ?
Le capitaine Nabbes
Bien, je vais vous laisser.
Il recule, s’écarte.
Le Juge Lamy
Non, restez capitaine… J’en ai pour un instant…
Le capitaine Nabbes
Merci pour tout, et bon voyage…..
Il se tient près de la porte de la pièce d’interrogatoire.
Le Juge Lamy
Tu ne veux pas rester quelques jours à Lyon ?
Julie Lemoine
Non, merci.
Le Juge Lamy
Au fait, tu as fait ton choix.
Julie Lemoine
Non, pas encore. En fait, je me demande si je vais choisir.
Le Juge Lamy
Ah oui !
Julie Lemoine
En fait, je pense que je vais prendre quelques jours de repos. Je suis à bout.
Le Juge Lamy
(Consolant)
A cause de moi !
Julie Lemoine
Non, bien sûr. Mais peut-être que cette fois j’ai été trop loin.
Le Juge Lamy
Non, tu as fait du bon travail. Merci de ton aide.
Julie Lemoine
Tu salues ta femme pour moi.
Le Juge Lamy
Bien entendu.
Elle fait la bise au Juge.
Julie Lemoine
Capitaine.
Elle lui fait un signe militaire. Il répond au signe militaire.
Le Juge Nabbes et le capitaine Nabbes entrent dans la pièce d’interrogatoire.
Le capitaine Nabbes
Une chouette fille !
Le Juge Lamy
Vous avez le béguin pour elle, capitaine…
Le capitaine Nabbes sourit au Juge.
214 Int Jour Dans le commissariat central de police
Julie Lemoine traverse le couloir, elle traverse le commissariat de police.
215 Ext Jour Sur le perron du commissariat de police
Au moment où Julie Lemoine franchit le perron du commissariat de police, une très belle surprise l’attend.
Deux hommes, cachés par un immense bouquet de fleur, attendent Julie Lemoine.
Ils abaissent le bouquet de fleur.
C’est Jacques et Joël.
Julie Lemoine éclate de rire.
Les deux hommes, dépités, se regardent les yeux dans les yeux.
Générique de fin
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