Samedi 24 avril 2010 6 24 /04 /Avr /2010 08:00

LA PIECE

 

 

ACTE 1

 

Le rideau se lève.

Nous découvrons le décor d’une cabane de chasseur. Décoré richement, avec des grands rideaux en velours noirs, accrochés contre les murs, et un rideau en dentelle blanche, derrière la petite fenêtre, la cabane comporte un grand lit, recouvert d’une couverture, en laine, de couleur or, d’un édredon royal, d’une table, de quelques fauteuils. Des bougies éclairent la pièce. Des armes de chasse sont plaquées contre le mur. L’éclairage à la bougie, sur des chandeliers, donne à certaines parties de la cabane un aspect sombre. Face au lit, qui donne sur une fenêtre, recouvert d’un rideau noir, une petite table en bois a été dressée, où il a été posé dessus des plats de viandes, accompagné de légumes, ainsi que des coupes de fruits, des carafes de vins, des verres. La décoration est celle d’une chambre du XVII éme siècle.

Soudain, un bruit sourd se fait entendre. Quelques instants plus tard, un étrange rayon bleu apparaît derrière un rideau d’un pan du mur, vers la fenêtre. Brusquement, un homme sort de derrière. Il porte une veste, une chemise, une cravate bleue, et un pantalon. Il semble différent par rapport au décor de la chambre de la cabane, venant d’un autre temps. En fait, lui-même semble absent, presque tétanisé par son arrivé dans ce lieu. Il lui faut quelques secondes pour reprendre ses esprits.

Le Professeur Antoine Rives secoue la tête.

Le professeur Antoine Rives : (Regarde autour de lui) Où suis-je ? Qu’est-ce qui s’est passé ? (Il regarde autour de lui, long silence, pendant lequel il fixe des yeux le lit d’un autre temps, puis la table, enfin, ses yeux se dirigent vers la porte de la cabane, pour terminer sur les armes anciennes, plaquées contre le mur) Cela a marché ! (Il semble heureux, il sourit) Oui, cela a marché ! (Enthousiasme, il prend de sa poche intérieure de sa verte une boite en fer, puis la vise des yeux) J’ai réussi… (Il sourit) Mon glisseur marche !... (Il saute sur lui-même) J’ai réussi… J’ai réussi ! (Il fait quelques pas dans la cabane) Je suis remonté dans le temps (Face au public) Où suis-je arrivé ? A quelle époque (Il fait quelques pas dans la cabane, puis il se place face au public) Je m’appelle Antoine Rives (Il fait une légère inclinaison face au public) Diplômé de l’université Paris Dauphine, et de Harvard, mon père est américain, et ma mère, parisienne de son état… Je suis chercheur en mathématique appliquée…. Depuis des années, je travaille sur l’ouverture d’un cortex, un chemin dans le temps… Pour aller dans la passé, ou le futur… Je sais, ce n’est pas très orignal, mais c’est ma raison d’être, celle de toute ma vie, d’ailleurs… En tous les cas, je vis la plus fabuleuse aventure de tous les temps, si j’ai réussi à remonter dans le passé, ou le futur…. Je ne crois pas que je suis dans le futur… Non, ce n’est pas cela le futur devant moi… Mais je crois, sans fausse modestie, que j’ai inventé une machine qui ouvre un passage dans le temps… Je suis comme Colomb, je me trouve au bord d’un nouveau monde… Celui du voyage dans le Temps… Fabuleux ! (Il est excité) Imaginer un seul instant, l’homme peut rencontrer le Christ, Adolf Hitler, Napoléon, ou Louis XIV…. Fabuleux ! Révolutionnaire ! (En se parlant à lui-même) Du calme, mon cher Antoine… Reprenez-vous ! Vous ne savez pas où vous êtes tombé… (Il s’approche de la fenêtre de la cabane, pousse le rideau de dentelle, découvre devant lui l’ombre d’un palais) Non ! Ce n’est pas possible ! Devant moi…. Versailles ! Le véritable Château de Versailles ! … L’unique… (Il se retourne, fait quelques pas dans la cabane, dans un profond silence) Où suis-je arrivé ? (Il relève la tête) Dans une cabane de chasseur… (Il voit les armes à feu contre le mur, s’approche de la table) On n’a pas encore dîné ici (Il voit la table dressé pour un souper) Les fruits sont ceux de l’été… Cela a l’air bon… (Il regarde autour de lui) En tous les cas, cette cabane doit appartenir à un homme aisé… Non, je ne rêve pas ! … (Il fait quelques pas dans la cabane) Dire que je suis dans l’enceinte du château de Versailles… (Il secoue la tête) Je n’y crois pas… (Il revient vers la table) D’abord, je dois identifier si je suis bien dans le passé, et pour cela, une seule preuve me suffit …. (Il prend son téléphone portable de sa poche, le saisit, le tend d’une main ferme, lève la main, tout en fixant des yeux le portable) On dirait qu’il y a un réseau… Donc, cela n’a pas marché ! (Déçu) Ce n’est pas possible ! (Il s’arrête, réfléchit) Attend Antoine, tu te trompes ! (Il compose un numéro, attends) Allô ?... Mais personne ne me répond…. Aucun son…. (Face au public) Donc, ça a marché… J’ai voyagé bien dans le cortex du temps…. Voyons, à présent, le glisseur…. (Il reprend de sa poche une boite en fer, qui affiche des numéros digitaux sur un petit écran) C’est cet appareil qui m’a permis d’ouvrir un cortex dans le temps… (Il montre à la face du public qui affiche sur le cadran, un chiffre, celui de deux heures et quarante-cinq minutes) Dans deux heures et quarante-cinq minutes, je glisse de nouveau…. (Il appuie sur un bouton) Il indique une date… Non, ce n’est pas possible (Il secoue la tête) Je suis le 14  juillet 1789…. Nous sommes le 14 Juillet 1789… Et donc…. Je suis à la cour de Louis XVI…. (Il regarde par la vitre de la cabane) Dans l’enceinte du château de Versailles ! (Il se tape le front) Heureusement que je ne suis pas arrivé dans la chambre du Roi ! … (Soudain, on entend un bruit sourd, alors que le professeur Antoine Rives se cache derrière le rideau en velours noir, qui décore le mur de la cabane)

Par js69 - Publié dans : PIECE DE THEATRE - Communauté : Serie TV Alliance
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