ROMANS

Dimanche 17 octobre 2010 7 17 /10 /Oct /2010 07:54

Le grand-père prit dans ses mains une photographie de Victoria.

- Sans toi, non plus, rien n’aurait été possible. Victoria, tu me manques tellement. Où es-tu ? Je ne vais pas tarder à te rejoindre.

Et il lâcha la photographie qu’il tenait dans la main. Il se leva de son lit.

Lucide, il balança les deux bras, il regarda droit devant lui, il fit quelques pas dans la chambre, tout en regardant le public imaginaire qui se trouvait devant lui :

- Nous étions à l'aube d'une nouvelle année, mais ce jour-là, j'étais le plus heureux des hommes. Comment en suis-je arrivé là ?

Il se tut, se gratta la tête.

- Je ne sais plus. Je ne sais plus, répéta le grand-père, qui semblait perdre la mémoire.

Il réfléchit.

- J'y suis ! Je me souviens... Tout est allé trop vite. Quand j'ai quitté ma terre natale, je suis resté quelques mois en Israël, le temps de reprendre quelques forces, car, dès le départ, il a fallu que je réorganise les activités de la Société Internationale de Service Financier, holding dont dépendaient toutes les sociétés et entreprise, où j’avais des participations, que ce soit vingt, trente, quarante, cinquante, soixante, soixante-dix, quatre-vingt, quatre-vingt dix, cent, pour cent, Holding financière dont j'étais toujours le Président en exercice. Quand j'ai quitté la France, j'avais tout revendu à des citoyens français, souvent des amis, les sociétés qui avaient fait ma fortune. J'ai racheté d'autres sociétés à travers le monde, j'ai créé une constellation de sociétés aux activités les plus diverses. Au cours des quatre années qui ont suivis mon exil en Israël, j'ai gagné beaucoup d'argent, je ne peux le nier. Mais surtout j'ai investi dans tout ce qui me tombait sous la dent. J'avais une faim incroyable de tout racheter tout ce que je trouvais sur ma route. Le seul endroit du monde où je n'avais aucune activité économique, c'était en Europe, et en particulier en France. L'empire financier et industriel, dont j'étais le Président, était devenu mondial. Face à cette mutation, il avait bien fallu transformer les hommes et les structures. Le siège social était situé en Israël, mais la base d'activité recouvrait le monde en son entier, sauf l’Europe et en particulier la France. En quatre ans, je suis devenu un financier et un industriel comblé. L'appellation était bien choisie pour dénommer ce que j’étais en train de construire : l'Empire. Et moi, un Empereur, déjà ! Pour fêter les deux ans de l'Empire, j'avais organisé à Los Angeles une magnifique fête où j'avais invité tous les gérants des sociétés de l'Empire, réunis sous un immense chapiteau. La fête a commencé à midi le trente juin 2014. Elle s'est finie le premier juillet tard dans la nuit. Deux mille invités, des centaines de tables, une nourriture terrestre abondante pour célébrer l'Empire. Deux ans, cela se fête. Il n'y avait aucun européen, ni aucun français. Depuis le début de l'Exil, l'Empire avait connu une croissance sans borne, sans limite. Plus rien ne l'arrêtait. Tous les mois, mon capital augmentait. Petit à petit, j'étais devenu un Président d'une multinationale. Ceci grâce à Béatrice Lenoir, et naturellement Victoria, et ensemble, les deux femmes m’avaient données la force de continuer à vivre. J'avais conclu avec le gouvernement israélien un accord. Il avait pris des participations dans plusieurs sociétés industrielles ou financières qui composaient l'Empire. L'accord était simple. Je lui reversais l'équivalent de cent millions de Dollars américain par an, environ moins de dix pour cent du chiffre d’affaires annuelles. Un chiffre, cela permet de bien montrer la puissance de l'Empire. J'étais un homme libre, riche, mais à qui il manquait un idéal. J'avais obtenu tout ce qu'un homme pouvait avoir : une femme, un travail, une maison. Il ne manquait plus qu'un idéal. J'en avais un, mais je n'avais pas les moyens de le réaliser, ni la conscience que j’étais capable de le réaliser.

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Dimanche 17 octobre 2010 7 17 /10 /Oct /2010 07:53

Assis derrière une table, Jacques lisait les derniers rapports financiers des sociétés qui continuaient à tourner dans le reste du monde, à part les sociétés françaises, qui avaient tous été dissoutes depuis la fuite de juin 2012.

Nous étions le neuf décembre 2013. Et le chiffre d’affaires dépassait dix milliards de Dollars américains de toutes les sociétés liées au Trust israélien.

A ce moment, Victoria entra dans la pièce, qui donnait sur la mer.

- C’est prêt !

- J’arrive, dit Jacques, sans lever la tête.

Victoria, vêtue d’une tunique blanche, s’avança vers son mari.

- Qu’est-ce qui se passe ?

Il releva enfin la tête.

- Rien.

Elle hocha de la tête, insista du regard. Dans les yeux, une intensité incroyable se produisit.

- Rien, répéta Jacques.

Elle fixa les yeux de son mari.

- Il se trouve que je crois que je vais reprendre une vieille idée qui me taraude l’esprit…

- Mais, tu m’avais promis de ne plus…, opina Victoria.

- Désolé, c’est trop fort, je n’y peux rien, déclara Jacques.

Il se leva.

- Jacques, ce n’est pas possible ! tonna Victoria.

- Et qu’est-ce qui n’est pas possible ?

- J’ai peur, dit Victoria, j’ai peur de ce qui peut arriver si tu te décides à relancer ton rêve….

- Non, n’aie pas peur, il ne peut rien m’arriver. Il ne faut jamais avoir peur, car si tu as peur, tu n’es rien. Tu comprends, tu n’es rien ! insista-t-il.

Il fit quelques pas, puis il prit contre lui Victoria, qui caressa son visage. La peau de sa main était douce, et ensemble, ils étaient unis pour l’éternité.

Victoria sera l’Impératrice de la Lune.

Il l’embrassa tendrement.

Par js69 - Publié dans : ROMANS - Communauté : pdf à télécharger
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Dimanche 17 octobre 2010 7 17 /10 /Oct /2010 07:53

- Je me souviens de presque tout, dit le vieil homme. C'était le trente et un décembre 2018 que l'indépendance de la République Démocratique de la Lune a été déclarée à la face du monde. Six ans après l'Exil de juin 2012, nous avions une terre bien à nous, nous, tous les Exilés de la Terre. Je me rappelle à présent... C’est limpide comme de l’eau de roche…. Quand j'ai débarqué le 30 juin 2012, à la tombée de la nuit sur la terre d'Israël, je savais au fond de moi-même que cette terre d'accueil n'était pas celle qui m'attendait, celle que mon destin m'avait accordée. Elle était celle où je vivrais enfin libre de réaliser mon rêve ! Je me souviens de cette arrivée sur la côte israélienne, la nuit commençait à pointer le bout de son nez sur la terre jaune et sableuse... Depuis la cabine de pilotage de l'avion, j'ai vu les premiers fragments de la Terre Promise, c'est-à-dire les premiers immeubles de la banlieue de Tel-Aviv. Je savais que cette destination n'était qu'une étape vers la Lune. Il m'a fallu six ans pour arriver à la véritable Terre Promise, celle que recherchent tous les Exilés de tous les peuples de la Terre, celle aussi que le Destin m'a enfin accordée. Je rappelle... C'était la Lune, notre Terre Promise ! Le trente et un décembre 2018, sur la base centrale spatiale Begin, c'est dans la fusée qui me transportait vers ma nouvelle patrie que j'ai écrit sur un vieux papier la Déclaration d'Indépendance, qui sera diffusée à l'ensemble de l'univers. C'est là-bas que j'ai déclaré l'Indépendance Totale et Définitive du nouvel Etat à la face du monde. Je me rappelle très bien de tout... Car ce jour est inscrit dans ma mémoire d'homme à tout jamais.

Par js69 - Publié dans : ROMANS - Communauté : ecrivains en herbe
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Dimanche 17 octobre 2010 7 17 /10 /Oct /2010 07:52

 

- Je suis certain que tu en feras bon usage, dit Béatrice Lenoir.

Elle s’était levée, pour respirer l’air frais de la mer, qui se projetait sur son visage. Le sel, l’eau, l’air chaud, elle reprit son souffle. Elle en avait besoin, après l’émotion de retrouver Jacques. Elle lui devait bien cela, car, sans elle, sa vie aurait été différente. Et elle payait sa dette.

- Mais je ne sais pas quoi en faire, déclina Jacques.

Béatrice Lenoir se retourna, elle lui fit son plus beau sourire. Et elle hocha de la tête.

- Ne me regarde pas ainsi, tu ne comprends pas !

- Oh si ! Je te comprends bien, si bien, riposta-t-elle.

Elle se dressa devant lui, puis elle hocha la tête. Elle leva les yeux vers le ciel, au moment où un morceau de Lune apparut dans le ciel azur.

Jacques l’imita.

- Ne me dis pas que tu sais que…

Elle ne répondit pas, elle savait depuis toujours que toute la vie de Jacques était tournée vers cet astre. Et si elle avait fait le voyage, c’était pour donner le coup de pouce pour relancer la vie. Comme si la main de Dieu était derrière elle.

 

Par js69 - Publié dans : ROMANS - Communauté : ecrivains en herbe
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